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Modèle · Intégration

Onboarding d'un commercial en 90 jours : le plan jour par jour

En TPE, l'intégration d'un commercial ne rate pas par manque de bienveillance. Elle rate parce que le dirigeant est le goulot d'étranglement et qu'il n'a pas bloqué le temps. Résultat : le nouveau passe trois mois à deviner, et on appelle ça une erreur de casting.

11 min de lecture Modèle complet sur la page Gratuit, sans téléchargement

Un commercial qui ne perce pas au bout de six mois, dans une entreprise de moins de cinquante personnes, c'est presque toujours la même histoire. On a bien recruté, on a bien accueilli, on a été patient. Et on a laissé la personne se débrouiller, parce que la semaine du dirigeant était déjà pleine avant qu'elle n'arrive.

C'est la seule cause qui revient à chaque fois : le dirigeant n'a pas bloqué le temps. Pas parce qu'il s'en moque, mais parce que l'intégration n'a jamais été posée dans un agenda. Elle existait comme une intention — « je serai disponible », « on fera le point régulièrement » — et une intention ne résiste pas à la première urgence de production. Au bout de trois semaines, le nouveau ne demande plus rien : il a compris qu'il dérange. Il se met à deviner. Et deviner, en vente, c'est fabriquer un discours faux qu'on mettra un an à corriger.

Le plan ci-dessous applique une règle unique : ce qui n'est pas dans l'agenda n'existera pas. Chaque étape des 90 jours est un créneau posé avant le jour 1, avec une heure de début, une durée et un nom en face. Trois points de contrôle — jour 30, jour 60, jour 90 — et une décision explicite à la fin. Cette décision doit être annoncée le premier jour : c'est ce qui la rend légitime le quatre-vingt-dixième.

Pourquoi l'intégration d'un nouveau commercial rate en TPE

Écartons d'abord la fausse explication. Le dirigeant qui vient de se séparer d'un commercial au bout de six mois vous dira qu'il s'est trompé de profil. C'est rarement vrai : le candidat retenu l'a été après plusieurs entretiens, souvent des mises en situation, parfois un avis extérieur. Le tri initial n'était pas idiot.

Ce qui a raté se joue après la signature du contrat. Le nouveau arrive un lundi matin, on lui montre son bureau, sa boîte mail et le dossier partagé où dorment quatre-vingts PDF produits. On lui dit « prends le temps de t'imprégner ». Puis le téléphone du dirigeant sonne, un chantier dérape, un client réclame. Le vendredi, le nouveau connaît le catalogue et ne sait toujours pas à qui l'entreprise vend, ni pourquoi on la choisit.

Le mécanisme est simple : en TPE, toute l'information commerciale est dans la tête du dirigeant. Elle n'est écrite nulle part, elle n'existe pas dans un CRM, elle ne se déduit pas d'un catalogue. Le prix réel, la remise qu'on accorde et celle qu'on refuse, le client avec qui on ne veut plus travailler, l'argument qui fait basculer — tout cela ne se transmet que par la parole, en situation. Ce qui fait du dirigeant le seul canal de transmission possible, donc le goulot d'étranglement de l'intégration.

Un goulot d'étranglement ne se résout pas par la bonne volonté, il se résout par du débit réservé. Concrètement : combien d'heures de votre semaine, nommément, sont bloquées pour cette personne pendant trois mois ? Si la réponse est « je verrai selon la charge », l'intégration est déjà en échec et vous le saurez au mois cinq. L'ordre de grandeur qui fonctionne en TPE est de trois à cinq heures par semaine le premier mois, deux à trois le deuxième, une à deux le troisième. Ce n'est pas négociable à la baisse : c'est le prix du poste, au même titre que le salaire. Et si vous n'avez pas ce temps, l'information est précieuse : il faut décaler le recrutement ou faire porter l'encadrement par quelqu'un d'autre, pas espérer que le temps se dégage seul.

Avant le jour 1 : ce qui doit être posé dans l'agenda

Tout se décide pendant le préavis, dans les deux semaines qui précèdent l'arrivée. C'est le seul moment où vous raisonnez sur un calendrier vide, sans urgence.

Première chose : ouvrez votre agenda et posez les créneaux des trois mois, avec un intitulé explicite. Le point hebdomadaire du vendredi 9 h. Les tournées client en binôme. Les trois points d'étape à 30, 60 et 90 jours. Vingt-cinq à trente rendez-vous, posés avant que la personne n'ait mis un pied dans l'entreprise. Un créneau posé se déplace ; un créneau non posé ne se crée jamais. Cette différence explique à elle seule la moitié des échecs d'intégration.

Deuxième chose : décidez qui répond quand vous n'êtes pas là. En TPE, le dirigeant s'absente — chantier, salon, urgence fournisseur — et si le nouveau n'a qu'un interlocuteur, chaque absence est une journée perdue. Désignez un binôme technique, quelqu'un de l'atelier ou du SAV, et prévenez-le avant : il fait partie du dispositif.

Troisième chose : écrivez ce qui n'existe pas. Fichier de prospects, argumentaire, grille tarifaire à jour, modèle de proposition, accès CRM. Faites la liste honnête de ce qui est réellement disponible le jour 1, puis dites-la au nouveau avant sa signature. « Il n'y a pas de fichier, vous le construirez avec moi les trois premières semaines » est une phrase acceptable. La découvrir seul au mois deux, non : c'est là que se fabriquent les démissions précoces.

Quatrième chose, la plus inconfortable : fixez et annoncez la date et l'objet du point à 90 jours. Pas « on fera le point », mais « le 1er juin, nous nous voyons une heure et demie et nous décidons ensemble : on continue, on corrige, ou on arrête ». Cette phrase doit être prononcée le jour 1 et figurer dans un écrit. Elle change complètement la nature des trois mois qui suivent, pour les deux parties.

La première semaine se passe chez le client, pas dans un classeur de PDF

La semaine d'intégration classique consiste à faire lire : documentation produit, historique, tarifs, process interne. C'est confortable pour tout le monde — le nouveau a l'air occupé, le dirigeant n'est pas mobilisé. C'est aussi la façon la plus efficace de produire, en cinq jours, quelqu'un qui récite un catalogue et ne comprend rien à ce qu'il vend.

Un commercial n'a pas besoin de connaître le produit. Il a besoin de comprendre ce qui se passe quand le produit arrive chez le client : qui l'installe, ce qui coince, ce que le client dit à ce moment-là, pourquoi il rappelle trois mois plus tard. Cette matière n'est dans aucun PDF. Elle est dans le camion de livraison, à l'atelier et au téléphone du SAV.

Le programme de la semaine 1 est donc le suivant, et il ne comporte presque aucune lecture. Une journée en livraison ou en pose, du départ au retour. Une demi-journée à l'atelier ou en production, à voir fabriquer ce qu'il va vendre. Une demi-journée en double écoute au SAV : c'est le meilleur poste d'observation de l'entreprise, parce que les clients y disent la vérité. Et deux journées de tournée client avec le dirigeant, chez de vrais clients, y compris un client mécontent.

La règle sur ces tournées est stricte : le nouveau n'ouvre pas la bouche sur le fond. Il se présente, il écoute, il note. Après chaque rendez-vous, quinze minutes de débrief dans la voiture, avec trois questions : qu'est-ce qui t'a surpris, qu'est-ce que tu n'as pas compris, qu'aurais-tu dit à ma place. Ajoutez-y, dès le mercredi, cinq appels à des clients de l'entreprise pour se présenter et poser deux questions : pourquoi travaillez-vous avec nous, qu'est-ce qui vous agace chez nous. Ces cinq appels lui donnent son premier argumentaire — celui des clients, pas celui de la plaquette.

Plan 30 60 90 jours d'un commercial : ce qu'on attend à chaque palier

Les trois paliers ne mesurent pas la même chose, et c'est précisément ce qui rend le plan utile. Beaucoup de dirigeants attendent du chiffre au jour 30 et de l'autonomie complète au jour 90. Les deux attentes sont fausses, dans des sens opposés.

Au jour 30, on n'attend aucune vente. On attend qu'il sache dire le prix et refuser une remise. C'est le test le plus discriminant du premier mois, et il dure cinq minutes. Vous jouez le client, vous demandez « et vous êtes à combien ? », puis « c'est trop cher, le concurrent est 10 % en dessous ». Un commercial qui annonce son prix sans hésitation, ne s'excuse pas, pose une question avant de répondre à l'objection et ne lâche pas de remise, a compris l'entreprise. Celui qui récite parfaitement les caractéristiques du catalogue mais bafouille sur le tarif n'a rien compris : il a appris le produit, pas la valeur.

Au jour 60, on attend qu'il vende seul les affaires simples. Simples veut dire : produit standard, client existant ou entrant, montant sous le seuil de validation, pas de configuration particulière. Sur ce périmètre, il conduit le rendez-vous, il rédige la proposition, il l'envoie et il relance sans vous. Vous relisez a posteriori, pas avant l'envoi. Le reste — grands comptes, affaires configurées, prix négociés — reste en binôme, et c'est normal. Un dirigeant qui continue à relire chaque devis au jour 60 n'a pas intégré un commercial, il a embauché un preneur de rendez-vous.

Au jour 90, on attend un portefeuille tenu et une activité mesurable, pas un chiffre d'affaires. Selon les métiers, le cycle de vente rend le CA à 90 jours inexploitable : sur un cycle de dix semaines, les premières affaires réellement travaillées par le nouveau ne se signeront qu'au mois cinq. Ce qui se mesure au jour 90, ce sont les volumes qu'il contrôle : rendez-vous tenus, propositions émises, pipeline créé, taux de relance. Ces indicateurs-là sont honnêtes dès le troisième mois. Et ces trois paliers ne remplacent pas le point hebdomadaire, ils s'y ajoutent : le vendredi on corrige la semaine, aux points d'étape on mesure une progression et on ajuste le périmètre.

Le jour 90 : décider explicitement, et l'avoir annoncé le jour 1

Le point à 90 jours n'est pas un entretien de félicitations. C'est une décision, et elle a trois issues seulement : on continue, on corrige, on arrête. Une quatrième existe dans les faits — on laisse traîner — et c'est la plus coûteuse. « On continue » : les paliers sont tenus, le périmètre s'élargit, les objectifs des six mois suivants sont écrits. « On corrige » : un point précis n'est pas au niveau, on le nomme, avec deux critères maximum, six semaines et un indicateur mesurable. « On arrête » : on utilise ce que le droit du travail prévoit pour ça.

Car il faut le dire simplement : la période d'essai est un outil de management, pas un tabou. Elle existe pour permettre aux deux parties de vérifier qu'elles se sont bien comprises, et elle est aussi bien un droit du salarié qu'un droit de l'employeur. Sa durée, son éventuel renouvellement et le délai de prévenance à respecter dépendent du statut, de la convention collective applicable et de ce qui figure au contrat : vérifiez ces points avant de vous engager, et faites-les confirmer par votre conseil. Ce qui est certain, c'est qu'une rupture décidée au jour 85 coûte infiniment moins cher, aux deux, qu'une séparation à quatorze mois.

Et c'est ici que l'annonce du jour 1 prend tout son sens. Un dirigeant qui annonce au quatre-vingt-dixième jour une décision dont il n'a jamais parlé fait une embuscade, quelle que soit la qualité de ses arguments. Le même dirigeant qui a dit dès le premier matin « le 1er juin, on décide ensemble » a construit une échéance partagée : le nouveau a piloté ses trois mois en sachant ce qui serait regardé, il a pu demander de l'aide, et il arrive au rendez-vous avec ses propres chiffres. La même conversation devient tenable pour les deux.

Une dernière chose sur l'honnêteté de ce point : avant d'évaluer la personne, évaluez le dispositif. Les créneaux posés en février ont-ils réellement eu lieu ? Comptez-les. Si sur douze points hebdomadaires vous en avez tenu cinq, si les tournées en binôme ont sauté trois fois sur quatre, si le fichier promis n'est jamais arrivé, la décision du jour 90 ne porte pas sur un commercial : elle porte sur une intégration que vous n'avez pas faite. La seule issue défendable est alors « on corrige », et ce qu'on corrige d'abord, c'est vous.

Le modèle

Onboarding d'un commercial en 90 jours : le plan jour par jour

La colonne de droite est un exemple rempli. Remplacez-la par vos propres valeurs — c'est le seul travail qui compte.

Étape 1 — Avant le jour 1 (les deux semaines de préavis)

Exemple filé : Sodimec, 14 personnes, matériel de manutention, panier moyen 8 000 €, cycle de 8 à 10 semaines. Julien Ferrand, deuxième commercial, arrive le lundi 2 mars.

Créneaux posés dans l'agenda Tous, sur 3 mois, avant l'arrivée. Un créneau posé se déplace, un créneau non posé ne se crée jamais
27 rendez-vous posés le 16 février : 12 points du vendredi 9 h - 9 h 30, 8 tournées en binôme, 4 débriefs, 3 points d'étape (1er avril, 30 avril, 1er juin)
Temps hebdomadaire réservé par le dirigeant 4 h en mois 1, 2 h 30 en mois 2, 1 h 30 en mois 3. Non négociable à la baisse
Mars 4 h, avril 2 h 30, mai 1 h 30. Bloquées le vendredi matin et le mardi après-midi
Binôme désigné en cas d'absence Quelqu'un qui connaît produits et clients. Prévenu avant, pas le jour même
Pascal, technicien SAV, 19 ans de maison. Informé le 18 février : il répond à Julien sous 2 h quand le dirigeant est en déplacement
Ce qui existe / ce qui n'existe pas Liste honnête, dite au nouveau avant sa signature
Existe : tarifs à jour, modèle de devis, historique ERP. N'existe pas : fichier de prospects, argumentaire, CRM. Dit à Julien en entretien le 4 février
Date et objet du point à 90 jours, annoncés Formulé le jour 1, mis par écrit. C'est ce qui rend la décision légitime
« Lundi 1er juin, 9 h - 10 h 30 : on décide ensemble — on continue, on corrige, ou on arrête. » Écrit dans le mail de bienvenue du 27 février

Étape 2 — Semaine 1 : côté client, pas dans le classeur

Presque aucune lecture. Cinq jours à voir ce qui se passe quand le produit arrive chez le client.

Lundi — livraison et installation Une journée complète, du départ à l'atelier au retour
Julien part à 7 h avec l'équipe de pose sur un chantier de portes rapides. Il voit le déchargement, le contretemps sur les scellements, la réaction du chef de site
Mardi matin — atelier et préparation Voir fabriquer ou préparer ce qu'il va vendre
Demi-journée avec Pascal : montage d'un gerbeur, contrôle avant expédition, ce qui fait partir une commande en retard
Mardi après-midi — double écoute SAV Le meilleur poste d'observation : au SAV, les clients disent la vérité
3 heures de casque au standard technique. Julien note 6 motifs d'appel récurrents, dont 2 qu'il réutilisera en accroche de prospection
Mercredi — 5 appels clients de découverte Deux questions : pourquoi travaillez-vous avec nous, qu'est-ce qui vous agace
Réponse dominante : « vous dépannez sous 24 h, les autres non ». Grief dominant : les devis mettent une semaine à partir
Jeudi et vendredi — tournée avec le dirigeant Il écoute et il note, il ne parle pas du fond. Débrief de 15 minutes après chaque visite
6 visites dont un client mécontent. Débriefs en voiture : ce qui t'a surpris, ce que tu n'as pas compris, ce que tu aurais dit à ma place

Étape 3 — Semaines 2 à 4 : le discours, le prix, le fichier

On passe de l'observation à la parole. Toujours en binôme, mais c'est lui qui commence à conduire.

Argumentaire écrit par lui, pas par vous Une page, à partir de ce qu'il a entendu la semaine 1. Vous corrigez, vous ne dictez pas
Page rendue le 13 mars : 3 raisons de choisir Sodimec formulées côté client, dont le dépannage 24 h
Grille tarifaire et règles de remise Le prix, le plancher, et surtout ce qui se refuse. Par écrit
Remise possible jusqu'à 5 % sans validation, 5 à 10 % avec accord du dirigeant, au-delà jamais. Contrepartie obligatoire au-delà de 5 % : volume ou paiement à 30 jours
Construction du premier fichier 50 à 80 comptes cibles construits avec vous, pas achetés
62 sites logistiques dans un rayon de 60 km, dont les affaires perdues des 3 dernières années
Premiers rendez-vous conduits par lui Il mène, vous êtes là et vous n'intervenez qu'en cas de risque réel
4 rendez-vous entre le 17 et le 27 mars, dirigeant présent et silencieux, débrief de 20 minutes
Point hebdomadaire du vendredi 30 minutes, 3 questions : où en sont tes affaires, qu'est-ce qui te bloque, de quoi as-tu besoin de moi
Vendredis 6, 13, 20 et 27 mars, 9 h - 9 h 30, tenus. Blocage remonté le 20 : Julien attend 4 jours les prix fournisseurs sur le sur-mesure

Étape 4 — Jour 30 : il sait dire le prix et refuser une remise

Point d'étape n°1, mercredi 1er avril, 1 heure. Aucune vente attendue. On teste la valeur, pas le catalogue.

Test du prix (mise en situation, 15 minutes) Vous jouez le client : « vous êtes à combien ? » puis « c'est trop cher, le concurrent est 10 % en dessous »
Julien annonce 8 400 € sans hésiter, ne s'excuse pas, répond « moins cher sur quel périmètre, mise en service comprise ? », ne lâche aucune remise. Validé
Test du client (3 questions) À qui vend-on, pourquoi nous choisit-on, quel client refuse-t-on
Cite les 3 raisons de son argumentaire et sait dire qu'on ne prend pas les chantiers hors zone à moins de 3 000 €. Validé
Activité du premier mois Volumes, pas résultats : appels, rendez-vous, propositions
38 comptes contactés, 9 rendez-vous obtenus, 4 conduits en binôme, 2 propositions envoyées, 0 signature. Conforme
Ce que l'entreprise n'a pas tenu À remplir en premier. La moitié des écarts vient d'ici
4 points du vendredi sur 4 tenus, mais 2 tournées annulées sur 6 et les prix fournisseurs toujours à 4 jours. Action : Nadia devient le point d'entrée fournisseurs

Étape 5 — Jours 31 à 60 : autonomie sur les affaires simples

Le périmètre d'autonomie est écrit et chiffré. En dehors, on reste en binôme — et c'est normal.

Périmètre d'autonomie défini Écrit noir sur blanc : type d'affaire, montant plafond, remise autorisée
Seul : matériel standard catalogue, jusqu'à 12 000 €, remise 5 % max, clients existants et demandes entrantes. En binôme : sur-mesure, multi-sites, au-delà de 12 000 €
Propositions relues après envoi Vous ne validez plus avant. Vous relisez le lendemain et vous commentez
À partir du 7 avril, Julien envoie ses devis sans validation préalable. Relecture du dirigeant le lendemain matin, 10 minutes
Discipline de relance Un rythme nommé, tracé, vérifiable dans l'outil
J+3 appel, J+10 mail avec un élément nouveau, J+21 appel de clôture. Tracé dans l'ERP, vérifié au point du vendredi
Deux tournées de prospection à froid Le seul volet qu'un dirigeant abandonne toujours en premier. Créneau protégé
Mardis matin 8 h 30 - 12 h, créneau intouchable. 2 rattrapages autorisés dans le mois, pas plus
Point d'étape n°2 — jeudi 30 avril, 1 heure Vend-il seul sur le périmètre simple ? Sinon, quel obstacle précis
3 affaires signées seul (14 200 € au total), 11 propositions en cours, pipeline créé 96 000 €. Obstacle : ne relance pas au-delà du 2e essai. Corrigé au point suivant

Étape 6 — Jours 61 à 90 : portefeuille tenu et rythme installé

On ne regarde pas le chiffre d'affaires — le cycle est trop long. On regarde ce qu'il contrôle.

Portefeuille confié officiellement Une liste nominative, transmise aux clients par écrit
34 comptes transférés le 5 mai, mail de présentation signé du dirigeant à chacun. Les 8 plus gros restent au dirigeant jusqu'en septembre
Indicateurs d'activité stabilisés Ce sont les seuls chiffres honnêtes à 90 jours
Cible hebdo : 12 appels aboutis, 4 rendez-vous, 3 propositions, 100 % des relances à J+3 tenues. Suivi dans le tableau du vendredi
Une affaire complexe menée en second Il prépare, il conduit, vous n'intervenez qu'à la demande
Dossier multi-sites à 47 000 € : chiffrage, visite technique avec Pascal, soutenance. 2 interventions du dirigeant
Point hebdomadaire allégé Le rythme baisse quand l'autonomie monte. C'est le signal de réussite
1 point tous les 15 jours à partir du 15 mai, plus 10 minutes le lundi matin sur les priorités

Étape 7 — Jour 90 : la décision annoncée le jour 1

Lundi 1er juin, 1 h 30. Trois issues, une seule à retenir. Le compte-rendu part sous 48 heures.

Bilan du dispositif (à faire en premier) Comptez les créneaux réellement tenus avant d'évaluer la personne
12 points du vendredi prévus, 11 tenus. 8 tournées prévues, 6 tenues. Fichier et argumentaire faits, CRM toujours absent — engagement non tenu du dirigeant
Bilan des trois paliers Jour 30 : prix et valeur. Jour 60 : autonomie sur le simple. Jour 90 : activité et portefeuille
J30 validé. J60 validé avec réserve sur la relance. J90 : 7 affaires signées (41 800 €), pipeline 210 000 €, 34 comptes tenus, relances à 100 %
Décision écrite : continuer / corriger / arrêter Une seule ligne, explicite, datée. Pas de quatrième option implicite
Décision : on continue. Périmètre d'autonomie porté à 20 000 €, remise 7 %, ajout des 8 grands comptes au 1er septembre
Objectifs et engagements des 6 mois suivants Trois objectifs côté commercial, trois engagements côté entreprise, tous datés
Lui : 190 K€ signés au 31 décembre, 3 nouveaux comptes, marge moyenne 31 %. Vous : CRM au 30 juin, formation négociation en septembre, prix fournisseurs sous 24 h
Le modèle par email

Gardez-le sous la main.

Recevez le plan complet des 90 jours par email : les créneaux à bloquer avant le jour 1, le déroulé de la première semaine, les trois grilles de point d'étape à 30, 60 et 90 jours et la fiche de décision.

Les erreurs qui vident le modèle de son intérêt

Faire lire le catalogue pendant cinq jours

Au bout d'une semaine de PDF, vous obtenez quelqu'un qui récite des caractéristiques et ne sait pas pourquoi on vous choisit. Ce qui manque n'est pas dans la documentation : c'est ce que dit le client quand la livraison arrive, et ce qu'il crie au SAV trois mois plus tard. La semaine 1 se passe dans le camion, à l'atelier et en double écoute.

Promettre de la disponibilité au lieu de poser des créneaux

« Viens me voir dès que tu as une question » est la phrase qui tue le plus d'intégrations en TPE. Elle transfère au nouveau la charge d'interrompre un dirigeant visiblement débordé — ce qu'il fera deux fois, puis plus jamais. Un point de trente minutes bloqué chaque vendredi, même quand tout va bien, vaut mieux qu'une porte ouverte en théorie.

Attendre du chiffre d'affaires au jour 30 et pas d'activité au jour 90

Les deux erreurs se produisent chez le même dirigeant, à trois mois d'écart. Au premier mois on s'inquiète de l'absence de signature alors que le cycle la rend impossible ; au troisième on se rassure avec deux commandes tombées d'une demande entrante. Le premier mois se juge sur la maîtrise du prix, le troisième sur les volumes qu'il contrôle.

Continuer à relire chaque devis au jour 60

Un dirigeant qui valide encore toutes les propositions au deuxième mois n'a pas intégré un commercial : il a recruté un preneur de rendez-vous, et il a ajouté une tâche à sa semaine au lieu d'en retirer une. Écrivez un périmètre chiffré — type d'affaire, montant plafond, remise autorisée. Dedans, il envoie et vous relisez après.

Ne jamais dire au jour 1 ce qui se décidera au jour 90

Annoncer au quatre-vingt-dixième jour une décision dont on n'a jamais parlé est une embuscade, même avec de bons arguments. La date et l'objet du point final se disent le premier matin et s'écrivent dans le mail de bienvenue. Le nouveau pilote alors ses trois mois en sachant ce qui sera regardé.

Un commercial recruté puis laissé seul faute de temps échoue quelle que soit sa valeur, et c'est le dirigeant qui paie deux fois. Une direction commerciale à temps partagé porte exactement ce qui manque ici : les points hebdomadaires réellement tenus, l'accompagnement terrain des premières semaines et les trois points d'étape à 30, 60 et 90 jours.

Directeur commercial externalisé →
FAQ

Questions fréquentes.

Combien de temps un dirigeant doit-il consacrer à l'intégration d'un commercial ?

Trois à cinq heures par semaine le premier mois, deux à trois le deuxième, une à deux le troisième. Ce temps n'est pas une marque d'attention, c'est un transfert d'information : en petite structure, le prix réel, les règles de remise et les arguments qui font basculer ne sont écrits nulle part, ils sont dans votre tête. Si vous ne pouvez pas dégager ce volume, la question n'est pas d'intégrer moins bien mais de décaler le recrutement ou de confier l'encadrement à quelqu'un d'autre. Et le seul moyen de tenir ces heures est de les bloquer dans l'agenda avant l'arrivée.

Que doit contenir un plan 30 60 90 jours pour un commercial ?

Trois paliers qui ne mesurent pas la même chose. Au jour 30, aucune vente n'est attendue : on vérifie qu'il sait annoncer le prix sans hésiter, tenir une objection tarifaire et dire à qui l'entreprise vend et à qui elle refuse de vendre. Au jour 60, on ouvre un périmètre d'autonomie écrit et chiffré — type d'affaire, montant plafond, remise autorisée — sur lequel il conduit, rédige, envoie et relance sans validation préalable. Au jour 90, on regarde ce qu'il contrôle : rendez-vous tenus, propositions émises, pipeline créé, discipline de relance. Chacun de ces points est un rendez-vous d'une heure minimum, posé dans l'agenda avant le jour 1.

Faut-il attendre des ventes dès les premières semaines ?

Cela dépend de votre cycle de vente, et ce calcul se fait avant l'embauche plutôt qu'au premier mois d'angoisse. Si une affaire met huit à dix semaines entre le premier contact et la signature, les premières ventes réellement travaillées par le nouveau tomberont au quatrième ou cinquième mois : ce qui signe avant vient d'une demande entrante ou d'un dossier déjà ouvert. Ce qui se mesure honnêtement dès le premier mois, ce sont les volumes d'activité, parce qu'ils ne dépendent que de lui. Confondre les deux vous fera paniquer trop tôt, ou vous rassurer à tort sur des commandes qui ne lui doivent rien.

Qui doit s'occuper de l'intégration si le dirigeant n'a pas le temps ?

Trois solutions, dans cet ordre. Répartir : le dirigeant garde ce que personne d'autre ne peut transmettre — stratégie de prix, règles de remise, clients sensibles — et délègue le reste à un binôme technique, souvent quelqu'un du SAV ou de l'atelier. Décaler : reporter l'embauche de deux mois pour la faire tomber sur une période où vous êtes disponible coûte moins cher qu'une intégration bâclée. Externaliser l'encadrement : confier les points hebdomadaires, l'accompagnement terrain et les points d'étape à un intervenant extérieur. Ce qui ne fonctionne jamais, c'est de recruter en espérant que le temps se dégagera seul.

Comment savoir si le problème vient du commercial ou de l'entreprise ?

Comptez avant de juger. Reprenez l'agenda du trimestre et comptabilisez les créneaux réellement tenus : points hebdomadaires, tournées en binôme, débriefs, points d'étape. Vérifiez ensuite ce qui avait été promis et livré — fichier de prospects, argumentaire, accès CRM, délais de réponse internes. Si la moitié du dispositif n'a pas eu lieu, la contre-performance est en grande partie la vôtre, et le jour 90 ne peut pas déboucher sur une séparation honnête. Ce diagnostic se fait au jour 30, quand il est encore réparable.

Peut-on rompre une période d'essai à 90 jours sans que cela pose problème ?

La période d'essai existe précisément pour ça : permettre aux deux parties de vérifier que le poste correspond à ce qui avait été décrit. Sa durée, la possibilité de la renouveler et le délai de prévenance dépendent du statut du salarié, de la convention collective applicable et de ce qui figure au contrat — vérifiez ces trois points avant toute décision et faites-les confirmer par votre conseil. Sur le fond, deux choses rendent une rupture tenable : avoir annoncé dès le premier jour qu'un point de décision aurait lieu à cette date, et disposer de faits datés plutôt que d'une impression. Une séparation décidée au jour 85, dite en face et argumentée, coûte beaucoup moins cher aux deux qu'un statu quo qui s'éternise jusqu'au quatorzième mois.

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